Vous avez dit Kahnawake ?
Ce nom a sans doute interpellé plus d’un internaute surfant sur des sites de casinos en ligne. Il ne s’agit pas d’un pays imaginaire tout droit sorti d’un film de Disney façon Pocahontas ! Mais presque… Kahnawake ou la part de romanesque des casinos en ligne !
Le territoire autochtone de Kahnawake existe bel et bien. Il s’agit d’une réserve indienne québecoise située au sud de Montréal. Sa population est composée d’environ 8.000 habitants.
En moins de dix ans, Kahnawake s’est illustré comme le plus grand rival des paradis fiscaux traditionnels, en hébergeant les serveurs de plus de 500 casinos virtuels. Et pas des moindres… Une vingtaine de ces sites font partie des 100 casinos les plus visités de la planète. Kahnawake est devenue la capitale mondiale des jeux de hasard sur le web, loin devant le Royaume-Uni selon une étude du cabinet Valeurs mobilières Desjardins.
Ce territoire Mohawk est perçu comme le lieu idéal pour établir des opérations de casinos en ligne en raison notamment de sa proximité avec le marché américain, de sa stabilité politique et d’un certain flou juridique.
Afin d’être hébergés, ces sites doivent d’abord montrer patte blanche : c’est-à-dire posséder la licence de la Kahnawake Gaming Commission, en activité depuis 1996 et qui reverse tous ses profits à la communauté. « Depuis la création de la Gaming Commission, les sommes retournées à notre communauté s’élèvent au moins à un million, a déclaré dans la presse le grand chef de la réserve Michael Delisle. L’hébergement des sites nous a également permis de créer plus de 200 emplois, dont la moitié sont occupés par des Mohawks».
Les autorités de la réserve de Kahnawake ne détiennent aucun permis des autorités provinciales, mais ont mis sur pied leur propre loi pour encadrer l’industrie des jeux en ligne. Elles s’appuient sur la Constitution canadienne qui reconnaît aux peuples autochtones des droits particuliers s’il est prouvé que cette activité était importante dans leur culture avant l’arrivée des colonisateurs européens. Le conseil de bande de Kahnawake a la ferme intention de défendre ses droits devant les tribunaux le moment venu en revendiquant ce principe d’autonomie politique et en prouvant que les jeux de hasard sont des droits ancestraux et qu’ils faisaient partie du mode de vie mohawk à l’arrivée des Blancs.
La réserve de Kahnawake bénéficie pour l’instant d’une sorte de clémence de la justice canadienne qui n’a pas encore décidée de porter la question de l’hébergement des casinos virtuels devant un tribunal. Le gouvernement semble clairement mettre en avant une volonté politique de ne pas s’attaquer à une catégorie de la population en règlant la question une fois pour toutes.
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